Calling bullshit !

LECTURE / SITE WEB / VIDÉO

Calling bullshit est le titre d’un site web – mais aussi celui d’un cours universitaire de l’Université de Washington et d’un livre – créé par deux professeurs américains : Carl T. Bergstrom et Jevin West. Objectif du site comme du cours et du livre est celui de discuter des études de cas et de tirer des leçons pour outiller notre esprit critique face à l’information – tout particulièrement, mais pas uniquement – en se dotant d’outils propres aux mathématiques (statistiques, probabilités) et aux sciences, mais aussi de la capacité de « lire derrière les lignes ». Le secret consiste à prendre le temps de s’arrêter un instant à s’interroger sur ce que cela signifie vraiment qu’une boisson chocolatée est à 99,9% sans caffeine, ou qu’un algorithme permettrait de reconnaitre l’orientation sexuelle à partir d’une photo du visage, et ensuite à se poser les bonnes questions: combien de caffeine dans du café? Quel genre de données ont été utilisées pour apprendre à l’algorithme en question à reconnaitre des orientations sexuelles? Mais être réflexifs et se poser les bonnes questions ne suffit pas. Les auteurs fournissent alors une série de connaissances nécessaires pour mieux évaluer l’information courante: graphiques, données quantitatives, statistiques. L’information en contient de plus en plus – peut-être parce que ces formes de communication ont un pouvoir persuasif plus élevé, peut-être parce que la quantification est un outil important pour comprendre le monde. En tant que lecteurs, utilisateurs d’Internet, spectateurs, nous ne sommes pas toujours préparés à interpréter correctement ces formats. Le risque est celui de voir nos capacités d’esprit critique réduites face à l’information en circulation.

Merci à Car Bergstrom et à Jevin West pour leur contribution à l’outillage de l’esprit critique !


Pour aller plus loin…

Comprendre l’incertitude. Sense about science

LECTURE

Nous remercions l’association Sense about science pour avoir accepté de mettre à disposition ce document, que nous avons traduit de l’anglais. Sense about Science est un organisme indépendant qui défend l’intérêt du public pour une science solide et garantit la reconnaissance des preuves dans la vie publique et l’élaboration des politiques.

INTRODUCTION. Comprendre l’incertitude. Pourquoi?

L’incertitude en science joue un rôle majeur dans des recherches scientifiques qui sont très importantes pour notre société : l’Arctique sera-t-il libre de glace pendant l’été à l’horizon 2080 ? Un nouveau médicament contre le cancer prévaudra-t-il sur ses effets secondaires ? Telle souche de virus grippal peut-elle entraîner une épidémie dangereuse ?

L’incertitude est ordinaire et habituelle dans la pratique scientifique. On cherche parce qu’on ne sait pas tout. Les chercheurs sont constamment amenés à évaluer ce qui est déjà connu dans un domaine et à estimer le degré de confiance qu’il est possible d’accorder aux résultats décrivant des événements actuels ou qui peuvent survenir. C’est l’incertitude en science.

Lors des débats publics, pourtant, l’incertitude scientifique est présentée comme un défaut, une carence. On veut (on attend) des certitudes – sur la sécurité, l’efficacité des politiques publiques, l’utilité des dépenses publiques. L’incertitude inquiète et elle justifie parfois un certain cynisme envers la recherche scientifique – notamment sur des sujets comme la science du climat, les menaces de maladies ou la prévision des catastrophes naturelles. Dans certaines discussions, des débatteurs utilisent l’incertitude pour signifier que n’importe quelle donnée peut être vraie (y compris des choses très peu probables ou qui ont déjà été discréditées) ou pour affirmer qu’on ne connait rien. 

Cette situation est conflictuelle, elle nous contrarie (nous, les membres de Sense About Science), et nous savons qu’elle contrarie les chercheurs avec lesquels nous travaillons et le public avec lequel nous interagissons. Mieux élucider ce que les chercheurs entendent par incertitude scientifique – quand elle peut être mesurée ou pas, par exemple – devrait aider chacun de nous à répondre sur le sujet de l’incertitude dans les preuves.

Les auteurs du présent guide ont réuni des spécialistes de nombreux domaines scientifiques – science du climat, recherche clinique, prédiction des risques naturels, santé publique, bio-statistiques et épidémiologie. Ils leur ont demandé d’exposer les raisons pour lesquelles ils ne sont pas forcément ennuyés par le fait de parler de l’incertitude au cours de débats parfois très houleux.

Les auteurs ont cherché à savoir ce qu’est l’incertitude en science et ce qu’elle n’est pas, comment la mesurer, dans quelles conditions elle ne peut pas l’être, et comment la situation pourrait changer grâce à la recherche en cours sur les grandes questions. Ils se sont surtout demandé comment le public peut affronter de manière constructive les progrès des connaissances et les changements de points de vue, sans être désespérés par “ces scientifiques incertains”.

(TRACEY BROWN & TABITHA INNOCENT)

1. Ces scientifiques incertains (lien)

L’incertitude est normale dans la recherche scientifique. Mais pour les décideurs politiques, les journalistes et plus généralement pour la société, ce mot sonne comme ”non digne de confiance”. Bien que l’incertitude fasse partie de la vie, dans de nombreux débats on fait comme si on devait attendre des certitudes.

2. Que signifie donc l’incertitude pour les scientifiques ? (lien)

Différents types d’incertitude sont ordinairement rencontrés dans la recherche scientifique. On peut les aborder et les traiter à plusieurs niveaux.

3. Prédictions et modèles (lien)

Comme les modèles numériques peuvent être utilisés de façon flexible et être facilement mis  à jour au fur et à mesure des progrès des connaissances, ils sont utilisés de façon routinière dans les recherches qui traitent des niveaux élevés d’incertitude. Ils ont cependant souvent mauvaise presse, ce qui conduit à de mauvaises compréhensions des raisons et des manières de les utiliser.

4. Avons-nous réellement besoin de plus de certitudes (lien)

On a besoin de savoir si une décision est influencée ou pas par des connaissances incomplètes en la matière. Cette façon de voir commence à modeler la façon dont les scientifiques et les décideurs utilisent l’incertitude et communiquent à son propos.

5. Jouer sur l’incertitude (lien)

L’incertitude ne signifie pas qu’on ne sait rien ou qu’on ne peut pas faire confiance aux preuves, que toute idée peut s’avérer correcte ou qu’aucune décision ne peut être prise.

6. Pour aller plus loin (lien)

Des ressources sur l’incertitude scientifique (blogs, livres, guides).

Making sense of uncertainty. Why uncertainty is part of science publié par Sense About Science, juin 2013 en anglais, traduite en français par Elena Pasquinelli, Anne Bernard, with the help of Mathieu Farina, Claire Calmet, Anne Lejeune, Fondation La main à la pâte, septembre 2015. utilisation sous permission de Sense About Science. Sense About Science ne prend pas de responsabilité quant à la qualité et exactitude ed la traduction ou pour les acitons résultantes. Les seuls textes approuvés par Sense About Science sont ceux publiés par Sense About Science en anglais.

Copyright Creative Commons Creative Commons Attribution-Noncommercial-No Derivative Works 2.0 UK: England & Wales License. Publié en juin 2013 par Sense About Science. Utilisé avec la permission de Sense About Science. 


Pour aller plus loin…

TDC : L’expérimentation scientifique

LECTURE

Deux numéros TDC dédiés à l’expérimentation scientifique. Pas tout récents, mais toujours d’actualité !

L’expérimentation scientifique, TDC (Textes et Documents pour la Classe), n° 741, pp. 6-48, 1997.

  • La science à portée de main – Evelyne Lattanzio (PDF)
  • Décoder le réel – Daniel Raichvarg (PDF)
  • Les mots pour le dire -Daniel Raichvarg (PDF)
  • Les gestes de l’expérimentateur -Daniel Raichvarg (PDF)
  • Bibliographie (PDF)

L’expérimentation scientifique, TDC (Textes et Documents pour la Classe), n° 1010, 2011.

  • « La connaissance a une valeur d’émancipation ». Interview de Dominique Lecourt. (PDF)
  • L’élevage du ténébrion meunier en classe (TDC, pp. 28-32)  (PDF)
  • Les débuts de l’expérimentation en médecine (TDC, pp. 33-37)  (PDF)
  • L’ADN ou le secret de la vie (TDC, pp. 38-42)  (PDF)
  • Théorie et expérience : l’exemple du pendule (TDC, pp. 43-47) (PDF)

Pour aller plus loin…